Le fonctionnement d’un bureau de vote est régi par le code électoral: de l’organisation matérielle du vote à la publication des résultats, en passant par les acteurs concernés, ce fonctionnement particulier garantit la liberté du vote.

L'électeur doit donc se présenter à la table où sont déposés les bulletins et les enveloppes. Son inscription sur les listes électorales est vérifiée. Il doit prendre une enveloppe, un bulletin de vote de chaque liste ou candidat. Il est important qu'il prenne plusieurs bulletins de vote, et donc au moins deux, afin de préserver la confidentialité de son choix. L'électeur peut également se rendre au bureau de vote avec les documents électoraux qui lui ont été envoyés à son domicile, mais doit justifier d’en avoir deux au minimum avec lui.

Puis, l'électeur se rend à l'isoloir. Le passage par l'isoloir est obligatoire dans tous les cas afin de garantir le caractère secret et personnel du vote (donc pas question de rentrer à plusieurs dans un seul isoloir).

Il se présente devant l'urne où le président du bureau ou son suppléant vérifie son identité en lisant à voix haute la pièce d'identité ou la carte électorale qu'il lui présente. Vous devez pouvoir être identifié donc pas question de cagoule, casque ou autre voile intégral (mais le port d’insignes religieux distinctif n’est pas interdit par le code).

Le président ou son suppléant constate que l'électeur n'a qu'une enveloppe, mais il ne doit en aucun cas la toucher. L'électeur introduit lui-même l'enveloppe dans l'urne et signe alors la liste d'émargement en face de son nom. Si un électeur qui a voté refuse de signer, c'est la personne chargée du contrôle des émargements qui signera à sa place. Il en sera porté mention sur le procès-verbal des opérations de vote et il sera indiqué les noms des électeurs concernés. Enfin, la carte de l'électeur ou son attestation sont rendues à leur détenteur après que l'assesseur a apposé un timbre à la date du scrutin sur l'emplacement prévu à cet effet.

Le bureau de vote n'est pas un endroit ouvert à tous et seuls peuvent y pénétrer les électeurs inscrits sur les listes électorales du bureau; les délégués des candidats ou des listes; les membres et délégués des commissions de contrôle des opérations de vote; les délégués du Conseil constitutionnel pour les scrutins relevant de son contrôle (référendum, élection du Président de la République).

Le scrutin étant secret, toute discussion ou délibération des électeurs est interdite à l'intérieur des bureaux de vote. En revanche, rien n’interdit de débattre à l’extérieur, sous réserve bien entendu de ne pas perturber la sérénité du scrutin et il faut éviter de manifester haut et fort pour votre favori.

Il est prévu expressément que l'entrée de la salle de vote est également interdite à tout électeur porteur d'une arme. Le président du bureau de vote a seul la police de l'assemblée. Nulle force armée ne peut sans son autorisation être présente dans la salle ou aux alentours.

Pas question non plus de prendre un selfie dans l’isoloir qui pourrait générer un soupçon sur l’indépendance de l’électeur. Le président du bureau serait en droit en effet de vous faire expulser, ainsi plus généralement que tout électeur qui troublerait ou ralentirait les opérations de vote (par exemple en s’incrustant trop longtemps dans l’isoloir) ou de dépouillement.

Cela n’évite malheureusement pas toujours que le vote se passe mal, comme pour cet infortuné retraité de Font-Romeu qui n’a pas pu voter dimanche 23 avril pour le 1er tour, succombant à un infarctus à la sortie de l’isoloir sans avoir pu glisser le bulletin dans l’urne.

Retrouvez notre chronique dans l'Actualité décryptée par Me Vallat publiée dans France Soir http://www.francesoir.fr/politique-france/presidentielle-bureaux-de-vote-ce-qui-est-autorise-ce-qui-est-interdit-election-scrutin-regles-loi-droit-thierry-vallat?platform=hootsuite

et la circulaire officielle du 17 janvier 2017 https://presidentielle2017.conseil-constitutionnel.fr/wp-content/uploads/2017/01/I7a-Circulaire_deroulement_operations_electorales.pdf

(Crédit photo:  ©Charles Platiau/Reuters)